Bien que j'ai eu de l'aisance à partir vers l'inconnu
Je n'aurais pourtant jamais cru y mettre autant d'excellence
Mon amour propre comme une lance pointe vers l'obscur, le tordu
La besogne d'un mec obtu qui s'abîme de persistance
J'ai bien failli perdre le sens, et beaucoup s'y sont perdus
Combien d'amis elle a eu celle qu'on nomme désespérance
Pourtant je reste comme en transe, attaché comme un mordu
A cette chose qui épuise, tue, me ferais déplacer l'immense
J'ai les pieds lourds, l'esprit rance, j'suis épuisé y'a plus d'jus
Y'a des jours où j'me situe, entre le néant et l'absence
Pourtant encore si j'avance, c'est qu'elle me colle, me pollue
Ma saleté d'espérance
Les maux de tête ont repris, et tous les mots qu'on s'est dit
Nos vieux plans, nos stratégies, valables pour changer trois mondes
On pense plus, on les oublie, on en rit et on sourit
Pourtant dans la tête réside une voie endormie qui ronfle
Elle sommeille dans un bon lit à l'édredon bien rempli
Elle s'enfonce dans tant de replis, que son lit ressemble à une tombe
Mais dans mon esprit meurtri, cette vie n'est pas endormie
Son lit doit être fait d'orties, car elle gratte et ça me ronge
Elle m'impose tous ses ennemis, elle m'emmène vers les conflits
Plonge ma tête dans nos vomis, quelles qu'en soient les conséquences
J'ai des tâches d'antipathie, des boutons de fièvre d'incompris
C'est ma saleté d'espérance
Ma plume jouant de l'escrime pour m'aiguiser dans l'estime
Autant d'efforts m'assassinent, et pourtant je reste dans la danse
C'est que dans mon malheur prime mon ami le plus intime...
Ma saleté d'espérance.
Ma saleté d'espérance - Rocé